Par Paul Delaporte, le 25 mai 2012
Vendredi soir au 106, mix exceptionnel par un pionnier de la musique techno.
Au début des années 80, une musique novatrice émerge à Détroit. En utilisant des synthétiseurs analogiques et des boîtes à rythmes rudimentaires, voir hors d'âge, des producteurs comme Juan Atkins ou Derrick May créent une musique à la fois rugueuse et dansante, inspirée aussi bien par la disco que par la musique électronique européenne. C'est la naissance de la techno de Détroit, courant musical qui va connaître une spectaculaire popularité tout au long des années 90 et qui continue encore aujourd'hui à influencer des artistes techno dans le monde entier.
Pourtant il s'agit d'un style difficile d'accès, avant-gardiste. La techno de Détroit se présente comme du funk futuriste, mais il s'agit d'un funk pour un futur sombre. Les compositions évoquent les paysages dévastés de Détroit, l'une des premières villes américaines touchée par la désindustrialisation, une ville où le chômage frappe très durement la communauté noire qui travaillait dans les usines automobiles.
Très vite, une petite effervescence se crée autour de la scène techno de Détroit, grâce notamment à un réseau local actif de discothèques et de radios musicales. C'est dans une de ces radios, WJLB, que Jeff Mills fait ses débuts en tant que DJ, sous le pseudonyme de « The Wizard », le sorcier. Il passe alors des disques de techno, de soul et de funk.
Ce n'est qu'en 1988 que Jeff Mills passe à la production. Avec le collectif Underground Resistance, il développe un style oscillant entre house et musique industrielle, tout en adoptant un discours très politisé, orienté vers l'action et la protestation. Les membres du collectif Underground Resistance refusent d'être photographiés sans un bandana qui protège leur identité. Attachés à leur indépendance, ils se réclament de la philosophie DIY (« do it yourself »).
A partir de 1992, Jeff Mills se détache progressivement du collectif et commence à réaliser des albums solos et à tourner dans de nombreux clubs, en Europe et aux États-Unis, pour présenter ses mix et DJ-set.
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Depuis il a réalisé une quinzaine d'albums et d'innombrables EPs. Il a également réalisé en 2001 une bande-son alternative pour le film Metropolis, renouant ainsi clairement avec les inspirations futuristes et industrielles de la techno de Détroit originelle. En France il a partagé un live avec l'orchestre philharmonique de Montpellier en 2005. Son dernier album, The Messenger, sorti en 2012, se caractérise par un son plus ambiant et reposé qu'à l'accoutumée.
Il sera vendredi soir au 106 pour un set d'environ 3h, où les boucles électroniques entêtantes résonneront jusqu'à tard dans la nuit.

Conf. Débat | jeudi 26 avril 2012 | 18h30
Exposition | Jusqu'au 2 juin

